mardi 4 août 2015

Homomicro fête ses 10 ans : podcast de l'émission du 12/02

Je ne collabore que depuis quelques mois à Homomicro, l'émission LGBT de Fréquence Paris Plurielle (106.3), mais j'y ai été auparavant invité à plusieurs reprises par Brahim Naït-Balk et son équipe pour parler de mes livres. En ce début 2015, l'émission fête son dixième anniversaire avec un programme spécial et passionnant de plusieurs heures, réunissant de très nombreux invités et contributeurs. Je participe à cet événement pour parler des évolutions des images homo au cinéma durant cette période. Bel anniversaire à Brahim et à tous les intervenants de Homomicro !

Le podcast est en ligne ici

Presque rien, chronique pour Hétéroclite (fév. 2015)

Décidément, bien plus que le cinéma, la télévision et les séries n'en finissent pas de renouveler et réinventer l'image des gays. Dernier exemple en date, l'excellente série Looking, sujet de ma chronique culturelle mensuelle pour Hétéroclite : Feux croisés.

Ce qui est beau dans Looking, c'est qu'il ne s'y passe rien. Enfin, il s'y passe des choses bien sûr, on ne bâtit pas une série sur du rien, mais ce qui s'y passe est infime, toujours un peu flou, toujours en hésitation, et c'est ce qui séduit, parce que la vie est ainsi, entre deux eaux, entre deux choix, entre deux désirs. Looking, c'est ça, c'est très justement ça : une gracieuse faculté à laisser flotter ses héros dans une sorte de séduisante indécision, une façon désinvolte de laisser venir presque par hasard les événements qui les bousculent. Il y a là un sens du réel tout à fait bouleversant. La saison 2 qui débute (merci OCS de diffuser en France les épisodes 24h seulement après les Etats-Unis) confirme le charme inouï, impalpable, doux-amer qui était celui de la saison 1 qui, elle, sort en DVD. Alors qu'est-ce qu'on regarde dans Looking ? Trois garçons, trois sexys amis de San Francisco aux allures, aux âges, aux modes de vie très différents, qui s'épaulent dans les coups durs, qui se chamaillent, qui draguent les mecs, qui ont des aventures, qui ont des angoisses, qui ont des projets, qui baisent, qui boivent, qui pleurent, qui sortent… 
C'est cela et c'est tout. Une structure un peu lâche qui laisse l'intégralité de la place aux personnages, qui nous laisse tout l'espace pour les approcher, les aimer, les comprendre. On est assez loin ici de cette autre belle série gay, Queer as folk, de son énergie, de sa frénésie, de ses personnages très dessinés : l'époque a changé, le traitement à l'écran de l'homosexualité aussi. On n'est plus dans l'affirmation d'une identité dans Looking, juste dans la captation d'un vécu. La modernité de la série se mesure d'ailleurs à sa faculté à poser l'homosexualité de ses héros comme une évidence jamais remise en cause. L'intelligence de Looking, c'est enfin de jouer à merveille d'un double tempo (le temps court d'épisodes brefs de 26 mn et le temps long de la série) pour se déployer et laisser évoluer tout en douceur ses personnages. On les saisit, on les abandonne, et on attend avec impatience de les retrouver. Comme tous les hommes qu'on aime, non ?

Looking, intégrale de la saison 1, distr. DVD : Warner/HBO. 
Looking, saison 2, en cours de diffusion sur OCS.

Podcast de l'émission Homomicro du 17/01

C'est un vrai événement que la sortie en DVD d'un classique "gay" trop ignoré, avec en bonus une version dorée quasi inédite : je parle du génial et terrible Reflets dans un œil d'or de John Huston (1967), d'après Carson McCullers, dans l'émission animée par Brahim Naït-Balk sur Fréquence Paris Plurielle (106.3).

Le podcast est en ligne ici  http://www.homomicro.net/wp/wp-content/uploads/2015/01/HOMOMICRO-12-01-20151.mp3

We need another heroes !, chronique pour Hétéroclite (jan. 2015)

Plein feux, dans Feux croisés, ma chronique culturelle mensuelle pour Hétéroclite, sur Alan Turing, inventeur, génie à l'homosexualité longtemps passée sous silence, à l'occasion de la sortie du film Imitation Game.

On a de besoin de héros. C'est beau les héros. C'est magnifique les héros. C'est rassurant, c'est enthousiasmant, c'est une bouffée d'oxygène dans un horizon contemporain encombré de Zemmours, de Philipots, de médiocres ignorants de tout mais si contents d'eux-mêmes. Donc oui, des héros, des héros gays, des héroïnes lesbiennes, pas des créatures Marvel, non, des héros du réel qui par leur génie, leur action ont changé le monde ! Des héros gays pour nous donner des modèles bien sûr. Mais surtout des héros gays pour le monde ! Car voilà bien le paradoxe, voilà bien la tragédie qui permet à nos ennemis de prétendre que nous sommes une abomination, que nous faisons courir la civilisation à sa perte, qu'aucun homosexuel n'a jamais rien apporté à l'humanité : l'homosexualité des héros gays n'est jamais dite dans l'histoire officielle ! Rayée ! Interdite ! Taboue ! Alors quand la grosse production Imitation Game décide de raconter le destin si méconnu du Britannique Alan Turing, héros de la liberté du monde qui permit de décrypter les codes secrets nazis et de raccourcir la guerre de deux ans, c'est un sacré pas ! 
Car le film ne fait pas l'impasse, loin de là, sur l'homosexualité de Turing, même si des scènes de sexe ont été retirées : regrettons-le mais le film n'en souffre guère. Car sinon Imitation Game ne masque rien du rapport complexe de Turing à ses désirs et surtout de sa confrontation permanente à la très répressive et homophobe société anglaise de l'après-guerre. Au centre de sa vie, son homosexualité causera sa mort et sera niée pendant des décennies. Que ce film grand public porté par l'interprétation de Benedict Cumberbatch affirme aux yeux de tous, proclame à la face des homophobes rancis qu'un héros gay dont l'homosexualité est consubstantielle de son travail, a sauvé notre civilisation alors qu'ils vénèrent encore ceux qui voulaient l'anéantir, oui, cela, est un acte politique essentiel. Qu'il faudra renouveler. Et encore. Et encore. Ne soyons pas inquiets : l'histoire ne manque pas de héros gays !

Imitation Game, de Morten Tydlum, avec Benedict Cumbarbatch, Keira Kneightley, Matthew Goode.

Podcast de l'émission Homomicro du 20/11

Je participe une nouvelle fois en tant que chroniqueur à Homomicro, l'excellente émission LGBT de Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM) animée par Brahim Naït-Balk, pour y échanger avec le réalisateur Robin Campillo à propos de son très beau film Eastern boys. Dans cette émission, j'évoque aussi l'importance des festivals de films gays et lesbiens à l'occasion du dixième anniversaire de celui de Saint-Etienne, Face à Face. 

Le podcast est en ligne ici : http://www.homomicro.net/wp/wp-content/uploads/2014/11/HOMOMICRO-17-11-14.mp3



Back to the seventies !, chronique pour Hétéroclite (déc. 2014)



C'est encore la question de la mémoire LGBT qui occupe l'épisode de décembre de Feux croisés, ma chronique culturelle mensuelle dans le magazine Hétéroclite, avec un voyage retour vers les belles années 1970…

On va dire que c'est une obsession. On va penser que c'est monomaniaque. Peut-être. Peut-être aussi est-ce parce que c'est essentiel. Non pas tant regarder dans le rétroviseur avec une sorte de nostalgie paradoxale que voir les permanences et les ruptures de nos vies et de nos histoires à travers le temps. Nous y revoilà : cette satanée mémoire. Qu'est-ce qu'elle travaille, cette mémoire, et pourtant qu'est-ce qu'on la perd facilement. Nous sommes une communauté alzheimer, et heureusement que les œuvres sont là pour la remettre à vif. En voici encore deux qui nous précipitent dans les heureuses années 70, celles de la liberté sexuelle, celle du militantisme gay et gai, celles d'après Stonewall et d'avant sida, celles de tous les possibles. En voici deux sur le mode du témoignage, une venant d'outre-Atlantique, l'autre d'ici, toutes deux donnant la parole à des inconnus qui se livrent sans faux-semblants. Ça fait quoi d'être homo ou lesbienne ? C'était comment à l'enfance ? Et les premiers émois ? Et la découverte du sexe ? Et face à la société ? Elles valent toujours, ces questions, et même si les réponses ont changé en quarante ans, même si les situations (sociales, sociétales, de reconnaissance…) ont évolué, la parole de ces anonymes nous disent aussi qu'au fond, c'est toujours pareil. C'est pourquoi il est fondamental de regarder Word is out, passionnant documentaire tourné en 1977, dans lequel 26 homos américains de tous âges, de toutes classes, de toutes origines, se mettent à nu, longuement. 
C'est pourquoi il est bouleversant de lire Vingt ans et après, interview d'un garçon de 20 par le philosophe Michel Foucault, en 1978. Le livre était introuvable, le film invisible depuis longtemps. Leurs rééditions sont des sortes de miracles. Ils nous réancrent dans notre histoire. Ils nous réinscrivent dans une lignée. Ils nous redisent que l'homosexualité n'est pas qu'une affaire privée et individuelle. Pour les combats à venir (parce qu'il y en aura !), ça ne fait pas de mal de s'en souvenir…

Word is out, film collectif du Mariposa Group, distr DVD : Paradoxe Films.
Vingt ans et après, de Thierry Voeltzel, éd. Verticales.

jeudi 19 mars 2015

Une longue interview pour Yagg (déc. 2014)



Yagg, le média LGBT en ligne (yagg.com), me consacre, à travers la plume de Pierre Caudevelle, une longue interview pour parler du cinéma queer et de Xavier Dolan. C'était tellement long, qu'ils l'ont publiée sur deux jours. Voici les liens pour les deux parties de cet article. Un grand merci à l'équipe de Yagg !

http://yagg.com/2014/12/07/didier-roth-bettoni-la-question-du-corps-et-de-sa-representation-est-centrale-dans-le-queer-12/

http://yagg.com/2014/12/14/didier-roth-bettoni-22-du-new-queer-cinema-a-xavier-dolan/